Village Potemkine
Expression dĂ©signant un dĂ©cor de façade construit pour dissimuler la misĂšre ou le vide dâune situation rĂ©elle. Par extension : toute mise en scĂšne trompeuse du rĂ©el, politique, urbaine ou sociale. AttribuĂ©e Ă Grigori Potemkine, favori de Catherine II, qui aurait fait Ă©riger en 1787 de faux villages le long du Dniepr pour impressionner lâimpĂ©ratrice lors de sa visite en CrimĂ©e â mythe en partie contestĂ©, mais restĂ© symbole de la propagande visuelle et du paysage comme illusion.
« Une façade impressionnante ou un spectacle conçu pour dissimuler un fait ou une condition indĂ©sirable. » (Merriam-Webster) « Ce furent des villages de toile et de carton-pĂąte, des villages destinĂ©s Ă transformer un dĂ©sert visuel en un paysage fleuri pour les yeux de Sa MajestĂ© ImpĂ©riale. » (Adolf Loos, 1898) « Le village Potemkine est une mĂ©taphore de la façade que toute sociĂ©tĂ© dresse pour cacher sa misĂšre intĂ©rieure. » (Jean-François MattĂ©i, Le regard vide, 2003) « DerriĂšre chaque dĂ©cor Potemkine, il y a un espace de ruine â un envers du spectacle. » (Paul Virilio, EsthĂ©tique de la disparition) « Le Potemkin village est devenu la forme architecturale du mensonge politique. » (Rem Koolhaas, Delirious New York) « Ce nâest pas le mensonge qui est dangereux, mais la beautĂ© du dĂ©cor. » (anonyme)